annechouàmontréal


Des soirées, des concerts, de la détente, des cafés, un shooter, des soirées, des concerts…

Publicités

Immersion dans la nature


Salon de la poésie


Balades en ville


Mon chez moi


Jardin Botanique


Radio Canada – Quebecor

Aurais-je vraiment pu bénéficier de tous ces avantages en France? Cela ne ressemble plus à un stage mais à une résidence dorée où je me blottis de 9h à 17h. J’ai eu, entre autres, l’occasion d’assister à l’enregistrement de l’émission «Tour de piste»* sur Radio Première chaîne (équivalent de notre France Inter). Mon boss y participait.
Sujet débat, il venait se confronter aux regards de quatre autres hommes autour d’une table ronde. La question, source de fortes tensions pouvait se poser ainsi : qu’en est-il de l’avaleur à tendance libérale clairement assurée, Quebecor**.
Quelles ont été les conséquences de l’achat de Ville-Marie Littérature pour la production de cette maison-mère ? [Ville-Marie Littérature = boîte où je travaille qui regroupe 3 maisons d’éditions différentes : VLB (fictions et essais), L’Hexagone (poésie), Typo (les grands classiques de la littérature québécoise en poche)]
Quebecor est presque un cas unique au monde. Elle se définit comme une société de communication, elle constitue en fait un véritable monopole culturel. Composée de deux principaux pôles : Quebecor World et Quebecor Media ; recenser les champs dans lesquels elle s’est investie fait véritablement frémir. Voici un petit aperçu de leurs productions, un vaste coup d’oeil permet de comprendre cette situation.

Quebecor World Inc. couvre le pôle industriel. C’est l’un des plus importants imprimeurs commerciaux du monde, avec son réseau d’ateliers répartis dans 17 pays en Amérique du Nord, en Europe, en Amérique latine et en Asie. Quebecor détient donc déjà une bonne partie du marchée du livre. Mais cela ne s’arrête pas là…

Quebecor Média inc. couvre lui le pôle média. Cette filiale regroupe plusieurs centres d’affaires surtout au Québec et dans le reste du Canada. La plupart des entreprises qui la composent sont des chefs de file dans leur secteur d’activité respectif :

– Vidéotron ltée, premier câblodistributeur du Québec et troisième du Canada et seule entreprise sur son territoire à offrir tous ses services de télécommunications via son réseau à large bande: télédistribution, accès Internet et téléphonie résidentielle;
– Corporation Sun Media, première chaîne de tabloïds et de journaux régionaux du Canada.
– Le Réseau TVA, le plus important télédiffuseur privé de langue française d’Amérique du Nord.
– Canoë inc., l’un des plus importants réseaux de portails généralistes et spécialisés en langue française et anglaise du Canada.
– Le numéro un de la presse magazine au Québec avec Publications TVA inc.
– Groupe Livre Quebecor Média, le plus important groupe d’édition de langue française au Canada.
– Les magasins Archambault : le plus grand réseau de disquaires et libraires de l’est du Canada.
– Select : le plus important distributeur indépendant de musique et de vidéos du Canada.
– Le SuperClub Vidéotron ltée : la plus grande chaîne de location et de vente de vidéo loisir du Québec.
– Nurun inc., un chef de file international du conseil en interactivité.

Difficile d’imaginer pouvoir avoir plus…
Ville-Marie littérature est intégré (noyé?) au sein du Groupe Livre, qui est lui-même constitué d’un vaste ensemble de maisons d’édition. Ce phénomène de poupées russes est véritablement déconcertant…

La réputation de Ville-Marie est moins basée sur ses chiffres que sur son capital symbolique. Elle est un des piliers de la littérature québécoise, voir presque la pierre angulaire. Au moment de son achat par le groupe Quebecor, beaucoup ont exprimé leurs craintes face à l’arrivée de ce «monstre» avaleur. Le débat permettait de faire un bilan, deux ans après le rachat, j’ai pu prendre conscience de la température au moment où tous les participants se sont réunis avant de réaliser l’émission. C’est une question houleuse que celle du conglomérat culturel. Cela fait relativiser nos doutes face à Editis…
Beaucoup parlent ici de la fin de la littérature. Éternelle ritournelle lancée par les angoissées pessimistes… À en croire les résultats des maisons d’édition littéraire, elle n’est pas encore prête à être enterrée. Le débat n’en restait pas moins animé. Les tensions étaient évidentes et les questions… les mêmes qu’en France. L’angoisse est internationale! Les gros groupes vont-ils avaler les plus petits de façon irréductible? Les empêchent-ils de s’exprimer? Menacent-ils la bibliodiversité?
Beaucoup de craintes et d’appréhensions auxquelles Jean-Yves Soucy, directeur de Ville-Marie Littérature (et accessoirement mon boss), n’adhère pas. Quebecor n’intervient pas de façon concrète dans les choix éditoriaux et laisse à la maison son entière autonomie. Les conséquences n’ont été selon lui que positives pour le moment. Dans la logique économique actuelle Ville-Marie aurait-elle pu faire autrement? L’Hexagone aurait-elle pu survivre? Telles étaient les interrogations qui témoignaient de l’irréductibilité du schéma conglomérat

* http://www.radio-canada.ca/radio/emissions/emission.asp?numero=1665
** http://www.quebecor.com/Home.aspx?Culture=fr


On tente de rattraper le retard et on s’en excuse…


Stage, première approche

Je retrouve une racine si profondément encrée en moi. Plaisir du texte si souvent éprouvé, il se mêle ici à l’excitation de la découverte d’une langue.
Langue poétique par essence, semble-t-il. Des images à l’accent sympathique, comiques pour l’étranger de passage, repoussants pour le français à la recherche de glamour dans la voix d’une de ses conquêtes, je découvre maintenant la richesse de cette langue dans la traversée des lignes. La question de l’identité se profile dans le recueil de poèmes* que je lis ce matin en attendant l’arrivée de mon maître de stage.
L’anglais, invasion barbare pour certains, langue que je pratique, depuis ces quelques jours, bien plus que le français. Quartier anglais, ville anglo-saxonne? J’ai souvent l’impression d’être aux Etats-Unis. Troublant…

«Les mots ont tant de valeurslorsqu’on se parle sans eux»
Danny Plourde, Calme aurore.


De l’art de traverser les rues

Oh mon dieu!!! La ville est toujours aussi blanche! Le calvaire peut commencer. Je dois allée au bureau pour mon premier jour de stage, il faut donc affronter le«s» climat«s». Au moment où je pense avoir tout éprouvé : froid, neige, pluie torentielle… (ahah!!! Quelle naïveté…), je découvre maintenant les joies des rafales de vent. Pire que le mistrale. Je m’envole presque et je commence à me demander si je vais réussir à aller au travail.
Potentiel de glisse sur les trotoirs : 90%.
Nombre de chutes : 3.
Ici c’est la fin de l’hiver, donc il ne fait vraiment pas très froid (- 9 degrés à tout casser). La neige hésite à tenir sur les trotoirs. Le mélange d’eau, de glace et de neige forme une belle patinoire (duo de choc avec mes bottes non équipées d’anti dérapant. Je jette un véritable défi à l’apesenteur!!) Mais le pire du pire se trouve à la bordure des trotoirs. Traverser les rues s’apparente à une épreuve de Fort Boyard.

De l’art de traverser les rues
Ennemi : «la sluch» : immonde tas de neige fondue qui forme des minis lacs de rue.

1. Observation
Qu’ais-je autour de moi? Un début de piscine qui longe tout le trottoir. Où est-ce que l’eau est au plus bas?
2. Estimation de la prise de risque
– Traversé latérale droite : pieds mouillés pour la journée
– Traversé frontale : une possibilité de sécher…
3. Saut final
Pénible tentative de traversé en tentant d’être le moins mouillée. Deux solutions s’offrent à toi :
– Sauter mais là tu cours le risque de t’éclabousser à jamais.
– Plongeon téméraire du pied dans l’eau-neige avec en prime la surprise de la hauteur du liquide : molet ou cheville, telle est ici la question.

Une fois passé, tu te crois sain et sauf, mais ce sentiment diffus s’évapore lorsque tu lèves à nouveau les yeux et constate que l’entreprise va devoir être renouvelée pour monter sur le trotoir. La débandade commence ici. Les précédentes acrobaties ont normalement épuisé ton temps de piéton civilisé. Plus d’observation ni de calcul. Tu t’engouffres dans des flaques que même Mimi Cracra n’a jamais dû affronter.

Bilan temporel :
Je laisse l’imagination estimer le temps que j’ai mis pour aller au bureau, ayant répétée cette entreprise plus de 15 fois.
Bilan physique
Mes pieds sont définitivement condamnés pour aujourd’hui…